Edito

Pour cette 5e édition de la Fabrique de l’Info, nous, les étudiants en master 2 de l’Institut de Journalisme de Bordeaux Aquitaine, nous sommes emparés des problèmes de la censure, l’autocensure et la manipulation, vaste sujet au menu de la 3e édition des Tribunes de la Presse. Du 17 au 19 octobre, elle se déroulait à l’IJBA et au TNBA de Bordeaux. La manifestation était organisée par le Courrier International, au moment où sa rédaction était en grève pour protester contre un plan de licenciements initié par la direction. Malgré les difficultés internes, ses journalistes étaient présents pour animer ces débats, ateliers...

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Communication au Vatican : la voix et la manière

 


Le 13 mars 2013, le monde catholique découvrait le visage de son nouveau pape, François. 7 mois et 172 tweets plus tard, les réformes se poursuivent au sein de l’Eglise, le ton est nouveau et la communication, directe. Décryptage.
 

Un vent de nouveauté souffle sur le Vatican depuis le mois de mars. Bien que les gardes Suisses promettent de garder leurs culottes rayées jusqu’à la fin des temps, l’arrivée à la tête de l’Etat pontifical de l’argentin Bergoglio a bouleversé bien des habitudes. Plus accessible, ce dernier n’hésite pas à modifier son emploi du temps et à surprendre son monde, au grand dam de ses collaborateurs les plus conservateurs. “Le changement est colossal”, assure Philippe Ridet, correspondant du Monde en Italie depuis 2008. “Il prend son téléphone, appelle les journalistes et donne des interviews, ce qui n’était jamais arrivé auparavant”, poursuit-il.

Accordée à la revue jésuite Civiltà Cattolica, la première en date remonte à septembre. Le pape François était alors apparu comme un homme davantage que comme un souverain pontife, racontant des anecdotes de son enfance et se considérant lui-même comme “un humble pêcheur un peu rusé”. Ce qui frappe par dessus tout c’est la libre parole de ce pape d’un genre nouveau. Preuve en est, La Croix titrait au lendemain de cet entretien peu ordinaire : “Le pape François en toute liberté”. 

Peu de temps après, c’est à Eugenio Scalfari,  fondateur et journaliste athée de La Repubblica, journal de centre-gauche italien, qu’il se confiait. Pour Marco Tosatti, correspondant au Vatican pour La Stampa, “c’est un événement très important pour démontrer que l’Eglise et le Pape ne sont pas opposés au dialogue avec ceux qui auraient des idées complètement opposées. Et même s’il n’est pas très habile en interview, il n’esquive pas le contact avec les journalistes”. Pas très habile ? Le charisme de l’homme laisse pourtant à penser que ses petites phrases ne sont pas des maladresses. “Le prosélytisme est une bétise", “la cour est la lèpre de la papauté”, “ne priez pas comme des perroquets”, autant de courtes sentences qui font mouche dans les médias et chatouillent les pans les plus conservateurs de l’église catholique. 

 

“Ça me rappelle la méthode Sarkozy”

Nouveau mode d’expression pour un pape plus médiatique que son prédécesseur et donc nouveau mode de communication. “Je ne fais pas partie du cercle très privé des vaticanistes, je vois les choses de l'extérieur et le pape Francois communique beaucoup et souvent”, constate Philippe Ridet. L’auteur de "le Président et Moi", habitué aux stratégies de communication des hommes politiques tente même une prudente comparaison avec l’ancien président de la République : “Toutes proportions gardées, cela me rappelle la méthode Sarkozy ‘j'envoie une carte postale par jour’ ”.

Outre les homélies quotidiennes, cette carte postale prend aussi la forme numérique du tweet. En 140 caractères, la parole papale est diffusée en 9 langues, quasiment tous les jours auprès de ses bientôt 10 millions de followers. 

Certes, le compte twitter pontifical ne date pas de mars 2013. C’est Benoît XVI qui restera dans l’Histoire comme le premier Pape “connecté”. Si la présence de l’ancien pape sur les réseaux sociaux était davantage le fait des ses collaborateurs et le résultat d’une stratégie de communication visant à moderniser l’image du théologien, celle de François semble plus logique. “Cela s’inscrit dans sa volonté de proximité. Le pape François veut être plus proche des jeunes et aujourd’hui c’est là qu’on les trouve. C’est cohérent”, estime Astrid, une jeune catholique de Bordeaux. Plus facile d’imaginer François que Benoît XVI consulter son fil d’actu Twitter. Le tableau fait sourire, mais “l’Eglise catholique a toujours utilisé les moyens de son temps pour communiquer”, rappelle Philippe Ridet, “les messes télévisées dans les années 50 et à présent les réseaux sociaux. La communication de l’Eglise, c’est vieux comme la papauté”. 

 

Le Pape François a repris le compte Pontifex, ouvert par Benoît XVI (crédit : CC)

 

Du nouveau sans rupture

Avant François, le Vatican a connu d’autres papes dont la gouaille faisaient le bonheur des fidèles et des médias. On se souvient de Jean Paul II, le pape sympathique et sportif que l’on a vu dévaler les pentes des Alpes à ski, ou encore de Jean XXIII avec son gros ventre et son air bonhomme. “Dans la politique de communication du Vatican, absolument rien n’a changé”, assure le vaticaniste Andrea Tornielli. “Ce qui a changé, c’est que le nouveau pape n’a pas besoin d’interprète ou de responsable en com’, il communique très bien de lui même, les gens comprennent ses paroles”, poursuit le journaliste de La Stampa. Tout le contraire de son prédécesseur, qui a jugé bon d’annoncer sa démission en latin, privilégiant la tradition à la compréhension du plus grand nombre. Les service de com’ reste le même. Federico Lombardi préside toujours la salle de presse du Vatican et Greg Burke, le journaliste américain à l’origine notamment du twitter papal, est toujours conseiller en communication. Mais leur rôle n’a plus la même portée , “le pape se débrouille tout seul”, constatent les spécialistes. 

La communication du pape serait donc davantage une question de personnalité. Mais pour Philippe Ridet, “la différence c’est que le Pape François fait cette communication au nom d'une plus grande transparence quand Jean-Paul II s'en servait plutôt pour détourner les journalistes des sujets délicats”. Là non plus, rien de neuf. C’est sous le pontificat de Benoît XVI que cette politique de transparence avait été amorcée et les affaires de pédophilies mises au grand jour. L’année 2012 a été une année charnière pour le Vatican. Dans la tourmente de Vatileaks, Benoît XVI avait commencé à “assainir” l’Institut pour les Oeuvres de la Religion en nommant le banquier italien Ettore Gotti Tedeschi à la tête de la Banque du Vatican. Mais ce “monsieur propre” des finances, comme l’avait surnommé les médias suscitait la controverse au point d’être limogé contre toute attente en mai 2012.

Si l'on se penche sur les motifs de sa renonciation, on comprend qu'il n'a pas réussi à mener à bien sa mission pour apporter plus de transparence au sein de l'Église. Il a compris qu'il n'en avait pas la force, pas la carrure. Cela signifie bien qu'il y a des forces en présence au Vatican qui s'opposent à une plus grande transparence”, analyse Philppe Ridet.

Le pape François reprend le flambeau avec un style nouveau. Son refus d’emménager dans les appartements du palais pontifical ou d’utiliser la limousine qui lui est réservée, ses messes quotidiennes depuis sa résidence de Sainte-Marthe, “ce n’est pas de la poudre aux yeux”, estime-t-on chez les vaticanistes. “Le Vatican est en voie de réforme et pour l’Eglise cela signifie revenir aux origines, tout en étant plus adaptée au monde d’aujourd’hui”, explique Andréa Tornelli. Transparence et communication directe : tel semble être le credo du nouveau Pape. 

Il n’en reste pas moins des part d’ombre. Habile à manier les confidences, le Pape François sait conserver le mystère autour de ce qu’il veut tenir hors de la portée des journalistes.. “S’il veut garder un secret, c’est encore plus caché que sous Benoît XVI”, affirme Ignazio Ingrao, journaliste à Panorama, l’un des hebdomadaires italiens les plus diffusés. Car le Vatican, pape affable ou non, restera toujours le Vatican.

 

L’église catholique gazouille en Gironde

L'Église de Gironde a entamé sa Révolution numérique avant le Vatican. Avant tout pour des raisons pratiques. L’année 2012 fut synonyme de révolution numérique pour l’Eglise catholique. Quelques mois seulement après les débuts de ce que l’on appelait déjà Vatileaks et bien avant la création du compte Twitter papal @pontifex, les diocèses de France se sont lancés dans le microblogging. Jean-Michel Pétaux, rédacteur web pour le site du diocèse et Community Manager confirme : “En Gironde, la réflexion était menée depuis deux ans déjà par Jean Rouet, le délégué épiscopal à l'archevêché de Bordeaux.
Et le constat fut le même que pour tous les médias : la nécessité d’une révolution numérique”. Contrairement aux tweets de François, l’utilisation par les paroisses des réseaux sociaux a une portée vraiment concrète : annoncer une messe, un rassemblement ou un meeting. On l’utilise surtout à des fins pratiques, moins que pour toucher un nouveau public. Pour mettre tous les fidèles au courant, comme lors des événements de l’Aumônerie des étudiants de Bordeaux, tout (ou presque) passe par la toile. Une autre idée de l’Eglise Catholique 2.0. A la sortie de la grande messe étudiante de la rentrée, nous avons rencontré des jeunes catholiques du diocèse et le père Pierre Alain Lejeune. Ils nous parlent de leur usage des réseaux sociaux en lien avec leur foi et nous donnent leur avis sur le compte Twitter du pape. Outil d’évangélisation ou coup de com’, les avis divergent.
https://soundcloud.com/la-fabrique-de-linfo/foi-et-r-seaux-sociaux-t

 

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